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Suzanne NOEL, la fondatrice du mouvement en France

 

 

Suzanne NOEL

 

  (Laon, 1878 -Paris, 11 novembre 1954)

 

 

 

Suzanne GROS nait, en 1878, à Laon, au sein d’une famille bourgeoise de l’Aisne.

 

A 19 ans, son mariage avec le Docteur Henri PERTAT, ne la cantonne pas aux rôles convenus de bonne épouse et de bonne mère de famille et, avec l’aide de son époux, Suzanne reprend ses études.

 

En 1900, baccalauréat en poche, Suzanne PERTAT commence des études de médecine et c’est là que son destin croise celui d’Hippolyte MORESTIN.

 

En effet, en 1908, Suzanne PERTAT est externe des hôpitaux et elle exerce dans le service du Professeur Hippolyte MORESTIN[1].

 

La jeune femme, fascinée par sa dextérité, lui voue une grande admiration.

 

Suzanne PERTAT y fait également la connaissance d’André NOËL qui deviendra son second mari et le père de sa fille Jacqueline.

 

Sa maternité n’est pas un frein à son ambition professionnelle puisqu’en 1912, Suzanne se présente au concours de l’internat qu’elle réussit brillamment : classée première à l’écrit, elle est quatrième sur soixante-sept à l’issue de l’ensemble des épreuves.

 

En 1912, elle soigne Sarah BERNHARDT la célèbre comédienne, qui a subi un lifting facial raté aux Etats-Unis.

 

Suzanne PERTAT et André NOEL font leur internat dans le service de dermatologie du Professeur BROCQ à l’Hôpital Saint-Louis en 1913.

 

 

En août 1914, André NOEL est mobilisé.

 

Bien que dégagé de toute obligation, Henri  PERTAT s’engage malgré tout et décède en 1918, après l’inhalation d’un gaz de combat.

 

Pendant la guerre, Suzanne qui n’a pas encore soutenu sa thèse, est autorisée comme tous les internes, à exercer la médecine de ville.

 

En 1916, afin de lui permettre de participer à l’effort de guerre en soignant les « Gueules cassées », elle est formée aux techniques de chirurgie réparatrice et correctrice par Thierry de MARTEL, ancien interne de MORESTIN.

 

Le nombre des blessés de la face ne cesse d’augmenter et la jeune femme s’épuise à les soulager du mieux qu’elle peut.

 

A la fin de la guerre, les internes - et c’est le cas de Suzanne - qui n’ont  pas soutenu leur thèse, n’ont plus le droit de pratiquer.

 

Cependant, la grippe espagnole, celle-là même qui a emporté Hippolyte MORESTIN, fait des ravages et Suzanne travaille nuit et jour.

 

En octobre 1919, elle épouse André NOEL qui, deux ans plus tard, soutiendra sa thèse.

 

En janvier 1922, leur fille, Jacqueline, tombe malade et meurt.

 

André NOËL ne s’en remet pas ; dépressif, il se suicide le 5 août 1924.

 

D’une remarquable force de caractère Suzanne NOËL surmonte cette double épreuve. Cette même année 1924 Suzanne fonde le premier club Soroptimist européen qui sera suivi de nombreux autres.

 

Faisant preuve d’une rare obstination, sous son nom de jeune fille, Suzanne soutient enfin sa thèse, en 1925 !

En 1928, elle reçoit la Légion d’honneur et la Reconnaissance de la Nation  « pour sa contribution à la notoriété scientifique de la France sur la scène internationale ».

 

Son exercice chirurgical évolue.

 

Au début, elle fait de la petite chirurgie où elle tient compte de l’élasticité de la peau et procède par petites étapes successives, n’hésitant jamais à faire revenir le patient plusieurs fois.

 

Sa méthode qui consiste à procéder en de multiples étapes est héritée d’Hippolyte MORESTIN : ses résultats sont remarquables et dénués de complications.

 

Par la suite, elle pratiquera une chirurgie plus lourde : elle n’hésite plus à remodeler des seins, des fesses ou des membres, à affiner des ventres ou des cuisses.

 

Pendant l’Occupation, elle modifie des visages de résistants ou de juifs.

 

Après la guerre, elle reçoit des rescapés des camps de concentration et œuvre pour effacer les traces qu’y a laissé leur séjour.

 

Suzanne NOEL, première femme à exceller dans la chirurgie esthétique, s’éteint le 11 novembre 1954 à l’âge de 76 ans. Elle est inhumée au cimetière de Montmartre.

 

Elle lègue son nom à de nombreux instruments qu’elle a créés de toutes pièces, à des pinces, à un craniomètre et à des gabarits qui permettent au patient de choisir sa nouvelle image.

 

Les chartes des nouveaux clubs européens du Soroptimist International sont remises en son nom et une bourse destinée à aider une femme médecin à se spécialiser en chirurgie plastique lui est dédiée.

 

Suzanne NOËL a consacré sa vie au service de ses patients et voyagé dans de nombreux pays pour promouvoir la chirurgie esthétique et les droits des femmes.

 

 

En 1923, elle est une « suffragette » qui porte sur son chapeau la revendication « je veux voter » !

 

En 1924, elle crée à Paris le premier club soroptimist européen.

 

En 1930, elle fonde la Fédération Européenne du Soroptimist International.

 

Sous sa houlette, en 1934, les trois fédérations - Amérique, Europe et Grande-Bretagne - sont officiellement reconnues.

 

Ainsi, a-t-elle été une ambassadrice unique de la chirurgie plastique et du Soroptimist International.

 

  

Martine FLANDRINA

Soroptimist International, Club Fort-de-France Alizés Sud,

Past- Présidente 2012-2014

Chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques

 

            

 

 

 


[1] Martiniquais, né à Basse – Pointe en 1869 et mort à Paris en 1919, professeur de médecine en chirurgie réparatrice et reconstructrice, il est considéré comme le « père » de la chirurgie esthétique moderne. De renommée internationale, il a notamment soigné le célèbre gangster américain Al CAPONE et la comédienne Sarah BERNHARDT.

 

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LA CHARTE DE LA SOROPTIMIST

Les douze commandements de la Soroptimist

Par Suzanne NOEL

 

 

 1°/ Un grand club elles organiseront pour faire un grand tout.

  

2°/ Chaque membre elles recruteront avec justice et discernement.

 

 3°/ L’esprit d’union elles cultiveront, ensemble et séparément.

 

 4°/ Aux réunions, elles viendront toujours à l’heure et fidèlement.

  

5°/ Mots inutiles, elles n’y d’iront, pour bien employer leur temps.

  

6°/ Toutes leurs sœurs elles accueilleront avec amour et joyeusement.

  

7°/ Pour toute commande, elles consulteront la liste des sœurs travaillant.

  

8°/ Les étrangères, elles inviteront, pour les apprécier pleinement.

  

9°/ Toutes choses, leur faciliteront, avec grâce et empressement.

  

10°/ Ces visites elles leur rendront, lors des voyages scrupuleusement.

  

11°/ Dans chaque acte elles réfléchiront au bien à faire soroptimistement.

 

 12°/ Pour la Paix du monde, elles feront les sacrifices les plus grands.

 

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Suzanne Noël à l'honneur dans le journal Madame Figaro du 29 juillet 2019

 

article à lire en cliquant ICI

Merci à Christine Dagain, responsable du lobbying SI - UF 

 

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